#11: The very last end
Ici vous voyez l'intérêt des ellipses narratives... Elles vous permettent de ne pas être importunés par des élements sans intérêt tel le dilemne qui déchire le coeur de notre héroïne bien aimée: le slim ou la jupe à pois; et d'apprendre directement qu'après diverses hésitations une décision a été prise: Cruelle décision pour le slim mais la jupe à pois l'a emporté. Elle présentait bien plus d'avantages et vous ne me contredirez guère si je vous les énonce: plus aguicheuse, plus facile à enlever, plus facile à remettre et bien d'autres privilèges que mon sévère manque de culture ne me permettrait d'exposer.
Bref, ce qui vous intéresse certainement c'est la suite des aventures de notre héroïne adorée....
ELLE: Allô c'est moi.
LUI: Vas-y j't'ouvre.
Inutile de retracer des effets sonores qui n'auraient eu de valeur que dans un document audio ou vidéo. Chacun a forcément deviné qu'elle ouvre puis referme la porte, monte les escaliers et entre dans la maison. A moins que vous ayez omis les escaliers? Peu importe me direz vous...
ELLE: C'est moi!
Comme s'il ne savait pas à qui il avait ouvert la porte...
LUI: Wesh
Ca annonce le début de la fin tout ça... Une salutation aussi élégante que ce "Wesh" marque forcément le passage du stade "Petite amie adorée" au stade "Element servant à l'assouvissement de besoins nécessaires au fonctionnement correct de l'organisme masculin".
ELLE: Tu fais quoi?
LUI: Ba rien...
ELLE: Alors t'as prévu quoi pour ce soir?
LUI: [censuré]
LUI: Ba écoute on pourrait aller faire un tour en voiture t'vois quoi? J'viens d'avoir le permis...
ELLE: Oh! Il a le permis... Il pourra venir me chercher devant le lycée... J'vais leur en mettre plein la vue aux autres filles...
ELLE: Pourquoi pas et ensuite?
LUI: Ba après on verra bien... Ca marche?
ELLE: Vas-y.
Dix minutes plus tard:
ELLE: Il fait froid ici!
ELLE: Propose-moi ton blouson.
LUI: Ouais ba désolé pour toi...
ELLE: Pourquoi tu t'arrêtes?
LUI: De quoi pourquoi je m'arrête? Tu sais très bien pourquoi je m'arrête.
ELLE: Attends on était supposés faire un tour en voiture et voir après...
LUI: Ba ouais ba voilà on l'a fait le tour en caisse. Tu crois pas que je t'ai emmené là juste pour qu'on voit à quoi ressemble le lac la nuit...
ELLE: Mais qu'est-ce qui lui prend?
ELLE: Je comprends pas...
LUI: Genre tu comprends pas. Vas-y fais pas ta sainte... Tu vas pas faire genre parce qu'on est dehors...
ELLE: Mais quoi tu veux quoi?
LUI: [censuré]
La censure semble être le moyen le plus commode pour en laisser entendre suffisamment tout en ne disant rien. On pourrait écrire tout un ouvrage sur l'art de conserver un style retenu dans l'écriture pour traduire ce que sont devenues les banalités quotidiennes. Pas assez explicite pour certains, trop cru pour d'autres... Où trouver le juste milieu? Comment transcrire avec tact et délicatesse des paroles grossières et des gestes osés? Questions qui sans doute vous intéressent moins que les aventures de nos deux amants mais il se trouve que mes interventions bien qu'innopportunes voire intempestives sont essentielles pour conserver ce récit dans un registre un tant soit peu correct.
ELLE: Hein! Là maintenant? Vas-y je peux pas...
LUI: Mais quoi tu peux pas.... T'as qu'à fermer les yeux et tu verras pas qu'on est dehors...
ELLE (les yeux écarquillés): Mais Steeve...
LUI: Putain commence pas.
LUI: Allez bébé...
ELLE: Bon...
"Bébé" souffle-t-il et elle plie comme un roseau.... Un roseau qui se dépêche de se mettre à l'ouvrage.
Roseau docile se plie aux exigences de qui sait l'assujettir et son obéissance a vite fait de ramener de la sensualité à la situation. Petits soins à sens unique deviennent alors échanges de flux de chaleurs. On en oublierait qu'il n'y a ni draps de soie, ni oreiller; seulement une banquette au tissu rugueux et un tableau de bord contre lequel chacun d'eux menace de se cogner.
On pourrait presque croire qu'ils s'aiment tellement c'est voluptueux, tellement c'est sensuel, tellement c'est...
ELLE: Déjà?
... rapide.
Quelques instants plus tard...
LUI: Attends là faut que j'retourne.
ELLE: Où ça? Pour quoi?
LUI: Un truc trop important... Un de mes potes a des soucis.... J'te redépose chez toi là.
ELLE: Ah ouais? Ba nan nan j'viens.
LUI: Nan nan j'te redépose... C'est pas un lieu pour les nanas où j'vais...
ELLE: Ooh...
Si le destin fait qu'à chaque fois qu'ils se rapprochent dans le sens premier du terme, un élément perturbateur vient troubler leur intimité, c'est que la nature des sentiments qui les unissent n'est pas assez fort pour lutter contre ça.... Si tant est qu'il y en ait de part et d'autre... Toujours est-il que sa soirée, notre chère héroïne la passe seule....
ELLE: Allô ma poulette?
LA POULETTE: Oooh ma chérie t'es pas avec Steeve?
ELLE: Ba il avait des trucs urgents à faire... Un pote à aider....
LA POULETTE: Oooh... Tu peux le comprendre ça.... Au moins vous vous êtes vus et c'est lui qui l'a voulu: ça prouve qu'il t'aime....
Si vous vous rendez compte qu'à l'instar de La Poulette, vos amis sont de bien piètres conseillers, un conseil: changez d'amis.
ELLE: Ouais j'sais... Hé t'sais quoi?
LA POULETTE: Dis...
ELLE: Il a le permis....
LA POULETTE: Nan!!!!! Stylé il pourra passer te chercher et tout!
ELLE: T'inquiète!
Pendant ce temps:
LUI: Wesh
EUX: Bien ou quoi?
LUI: Ca va ca va.
EUX: Alors c'était bien ou quoi?
LUI: Ouais j'avoue c'était pas mal sisi...
EUX: Alors vous deux ça roule toujours?
LUI: Nan... C'est juste une question de temps avant que ça se finisse toi même tu sais...
EUX: Bon on fait quoi là?
LUI: Ba j'sais pas on zone un peu dans le coin. Si vous avez des thunes on peut aller en boite nan?
EUX: Sisi stylé...
Le lendemain:
ELLE: Allô?
LUI: Ouais faut qu'on parle toi et moi.
ELLE: Ba ouais... De quoi? C'était bien hier soir nan?
LUI: Nan nan nan. Ecoute j'vais être franc avec toi... J'pensais que ce soir on trouverait un moyen d'arranger les choses entre nous...
ELLE: Mais de quoi il parle??
LUI: Toi même tu sais c'est tendu entre nous depuis un moment et j'pensais qu'on pourrait arranger ça en apportant quelque chose de nouveau mais ...
ELLE: Mais Steeve...
LUI: J'pense que toi et moi... Enfin nous deux c'est mort quoi.
ELLE: Mais Steeve j'pensais que tout allait mieux et tout. On ne réessaye même pas et tu dis déjà que c'est mort... Laisse-nous une chance.
Encore une qui regarde trop la télé....
LUI: Commence pas à me casser les [censuré] ...
LUI: Vas-y c'est mort j'te dis. Mieux vaut pas que ça continue toi et moi. Allez salut.
ELLE: Putain Steeve écoute-moi... On peut pas casser comme ça....
Bip bip bip...
ELLE: Allô ma poulette tu devineras jamais... Il vient d'me lâcher... J'comprends pas. Tout allait bien entre nous et tout.
LA POULETTE: T'es sérieuse? Un d'ces batards sérieux... T'inquiète pas t'en retrouveras vite un autre...
[...]
Pendant ce temps:
LUI: Ouais allô?
ELLE (2): Ouais bébé c'est moi... Tu m'as manqué depuis hier soir dis donc...
LUI: Ouais toi aussi tu m'as manqué bébé... Tu m'as manqué...